Les femmes victimes se confient à la boutique de droit de Pikine: Les larmes aux yeux barrent la une de leur quotidien

 

Par Ndéye Khady MBAYE GOUDIABY

A la boutique de droit sise à la maison de la femme de Pikine Icotaf près du trésor, Amy Sakho, coordinatrice de la Boutique offre des consultations juridiques gratuites du lundi au vendredi aux hommes, femmes et enfants victimes de violences de toute nature. Après une année de fonctionnement la boutique a enregistré 561 cas.

Dans les 17 localités qui recouvre la capital Dakar, Pikine prend les devants avec 257 personnes consultées, suivi de Thiaroye 50, de Guiédiawaye 40, Yeumbeul 35, Parcelles Assainies 30; Keur Massar Dakar Ville 24, les autres localités comme Golf, Malika, Rufisque; Keur Mbaye Fall; Yarakh; Mbao; Grand-Yoff; Fass Mbao; Cambéréne; Patte D’oie; Zak Mbao; ne dépassent pas ou est égal à 15 cas. C’est le rapport noté par la boutique de droit de Pikine. Le rapport mentionne des faits qui font l’effroi, comment malmener une femme et le violenter surtout quand elle n’a rien fait de grave. Enceinte de 8 mois, S. Dia raconte un moment de cataclysme avec son époux qui l’avait brimé. Dans le document, on note les larmes aux yeux, «elle raconte en sanglotant encore pourtant cela fait 5 ans déjà: c’est une sollicitation qui a fini par des coups dit-elle. Très affectée, la jeune femme exprime toute sa tristesse et sa consternation après 2 ans de mariage seulement. «Je ne l’avais pas connu un homme indomptée mais ce soir là qui m’est très difficile d’expliquer me donne à l’idée que les hommes peuvent parfois être très troubles. Une autre confidente, sous le sot de l’anonymat se laisse aller difficilement: «Mon mari n’est content que le jour où il me bat. Dans la même dynamique les confessions ne manquent pas car des femmes ont non seulement  soutenu avoir perdu une dent, un œil gonflé, mais pis une semaine d’hospitalisation par des coups et blessures. De ces confidences si bouleversantes les uns que les autres, il faut noter que les actes de violences sont plus fréquents chez les femmes en difficultés dans leur ménage. Parce qu’elles sont souvent victimes de défaut d’entretien, de violences conjugales.

Les pesanteurs sociales peuvent freiner la justice

Toutefois selon la coordinatrice de la boutique certaines femmes sous le coup des pesanteurs sociales ne veulent pas aller en justice. Pourtant dit-elle parmi les 561 personnes qui sont venues à la Boutique de Droit de Pikine, 310 personnes affirment avoir fait des études primaires seulement,120 personnes sont illettrées, 58 personnes ont fait des études secondaires, 62 personnes ont fait soit Arabe ou Qu’Oran ou bien les deux à la fois. Sur ces cas 11 personnes seulement ont eu à faire des études supérieures. Par ailleurs Amy Sakho, la directrice de la boutique précise que si certains cas de violences conjugales sont faits par leur mari. Dans d’autres cas, le problème n’émane pas de l’époux mais plutôt de la belle famille.

Pour la coordinatrice de la boutique, le vécu de ces femmes victimes de violences est inquiétant car elles sont violentées jusqu’à perdre tout courage de rester dans le ménage. Selon toujours Mme Sakho, les femmes victimes d’abandon de famille sont les femmes d’immigré ou celles pour qui le mari a tout bonnement quitté le domicile conjugal pour vivre avec une autre femme. Par ailleurs, l’apanage des hommes qui fréquentent la boutique de droit selon la coordinatrice varient à hauteur de 22,63%. Pour elle, les hommes fréquentent la boutique de Droit particulièrement pour la question du droit du travail. Mais ils viennent aussi pour d’autres questions telles que les Droits des Obligations civiles et commerciales, la succession, le Droit immobilier et aussi pour les procédures de divorce.

Commentaires