Lutte contre le cancer: Le Sénégal ne dispose pas d’appareil de radiothérapie pour enfants

 

Le service d’oncologie pédiatrique du Centre hospitalier universitaire (CHU) le Dantec présente aujourd’hui une situation inquiétante. Le personnel sanitaire y est fortement préoccupé par les 800 nouveaux cas de cancer attendus chaque année chez les enfants. Contre le taux de guérison par ailleurs très faible, les professionnels médicaux déplorent le manque d’appareil de radiothérapie pour les enfants. Dans le service, il n’existe également pas de chambre de stérilisation ni de maison d’accueil pour les familles venant de très loin. Tous ces manquements ont été soulevés hier par les spécialistes du service d’oncologie pédiatrique du CHU Le Dantec, en marge de la journée de partage avec les malades, organisée par l’association des malades de cancer du sein au Sénégal au seuil de ce mois d’octobre (Rose).
 
Certes, l’Etat a fait des efforts dans la prise en charge du cancer chez les adultes, en évacuant d’urgence des malades au Maroc, puis en achetant deux appareils de radiothérapie. Mais, pour les enfants souffrant de cancer, le vide est total. Les problèmes étalés par le service d’ontologie pédiatrique de l’hôpital Le Dantec sont, en effet, énormes. Pour faire face aux malades provenant de Dakar et des coins les plus reculés du pays, le service vit des moments difficiles.
 
Le plateau technique et le support nécessaire à la prise en charge des enfants de 0 à 5 ans font gravement défaut. Tel est  le cri de cœur lancé par les deux pédiatres Dr Mame Ndella Diouf et Dr Fatou Binetou Diagne. 
 
En marge de la journée de partage organisée par l’association des malades du cancer, dans le cadre des activités «d’Octobre rose», elles se disent peinées de supporter le supplice des enfants qui ne peuvent bénéficier de traitement par radiothérapie. Et pour cause, le service est dépourvu de cette logistique pourtant indispensable pour la prise en charge des enfants. Ce qui explique le taux faible de guérison pour certains types de cancers. C’est le cas du cancer de leucémie très fréquent dont la survie globale des malades au Sénégal est de 18% au niveau de ce service.
 
Pourtant, ces enfants pouvaient être guéris si tout le dispositif existait, comme au Mali et en Mauritanie, alors qu’en France, le taux de guérison a atteint 98%. Les deux pédiatres se disent lassées et ne plus avoir la force d’interpeller les autorités sanitaires pour pallier à cette dénuement.  «On a suffisamment parlé et jusqu’ici, il n’y a aucune réaction». Elles ont également haussé le ton sur le déficit de ressources humaines dans leur  service. Car, ils ne sont que trois pédiatres, deux infirmiers et un personnel bénévole, à faire face à 800 nouveaux cas qui sollicitent annuellement le service qui ne peut en recevoir que 200. Les autres sont orientés vers d’autres structures moins spécialisées ou restent cloués à la maison. 
 
Les médecins ont également profité de cet entretien pour fustiger également le manque d’appui de l’Etat en médicaments dont les enfants malades ont réellement besoin. C’est grâce à l’appui d’un groupe français GFAOP que cette progéniture s’en sort. Une véritable aubaine, si l’on sait que le coût du traitement est compris entre 7 et 10 millions pour la leucémie. Cependant, les cancers de néphro blastome et de lymphome de hodgkim ont des survies globales respectives de 74 et de 82%.
 
SOKHNA DIARRA GUEYE PRESIDENTE ASSOCIATION CANCER DU SEIN AU SENEGAL : «L’Etat doit assurer la gratuité du traitement aux malades et réduire ainsi la forte mortalité due au cancer»
 
Le Sénégal doit rendre gratuit le traitement du cancer, comme le font certains pays de la sous région dont le Mali et la Mauritanie. Tel est le cri du cœur que la présidente de l’association Cancer du Sein au Sénégal a réitéré comme principal message pour marquer les activités  d’Octobre Rose.
 
Célébré au niveau planétaire pour sensibiliser les populations sur la maladie du cancer, Octobre Rose est l’occasion pour l’association Cancer du sein Sénégal d’organiser la quatrième édition de la journée de partage avec les malades souffrant de cette pathologie. Cette fois-ci, ce sont les malades du service de Juliot Curie et du service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital le Dantec qui ont  bénéficié de leur sortie. Pour marquer l’événement, plusieurs femmes habillées en couleur rose, ont offert des petits déjeuners à l’ensemble des malades du cancer.
 
Contre cette pathologie grave qui continue de décimer les populations,  la présidente de l’association a plaidé pour un appui aux malades. En direction des pouvoirs publics, elle a demandé aux autorités sanitaires de prendre en charge gratuitement le  traitement du cancer, à l’instar du Mali et de la Mauritanie. Tout en reconnaissant les efforts consentis par l’Etat, Sokhna Diarra Guèye, la présidente de l’association s’est alarmée du coût onéreux du traitement. Seule la gratuité pourrait permettre au Sénégal de réduire drastiquement le taux de morbidité et de mortalité très  élevé de nos jours.
 
Sokhna Diarra Guèye, est également revenue sur les activités qu’elles sont en train de dérouler en ce mois d’octobre. Il est ainsi prévu d’organiser des séances de sensibilisation et de dépistage tous les samedis dans la banlieue de Dakar notamment  à la maternité de Yeumbeul Nord. La région de Kaolack fait également partie de leur cible, elle va abriter  une campagne de sensibilisation  pendant quatre jours (du 16 au 20 octobre).
 
La chanteuse Fatou Guéwel Diouf qui a rehaussé la journée de partage par son aura, a exprimé sa pleine solidarité et s’est engagée, avec son groupe Noreyni Xewel, à rejoindre la coalition contre le cancer en organisant des manifestations au bénéfice des malades.

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