Wade, l’élection de trop (Par Baïla Wane)

 

Les Sénégalais savent que Me Wade, qu’il soit élu ou pas, ne siègera pas à l’Assemblée. Ceci démontre à suffisance qu’il joue encore avec nous, à ‘’Ndiombor’’, de Senghor à nos jours. Il ne nous respecte pas. Il pense encore nous tromper, malgré le fait que le peuple lui ait montré, une véritable maturité et a refusé de cautionner sa ‘’constitution’’ du 23 juin 2012, avec la manière. 

 Il engage dans une coalition quelques leaders politiques, en ayant conscience de les utiliser comme on fait avec des mercenaires. 
  
Ce qui est impossible, vu le bilan ô combien élogieux du Président Macky Sall - il fera voter une loi d’amnistie pour son fils et même revenir sur la limitation de l’âge, pour être éligible à la magistrature suprême, et ainsi finaliser sa dévolution monarchique à la barbe des Sénégalais. Il est insensible à toute autre priorité que sa propre pérennité, entouré de serviles conseillers qui ne sont rien d’autre, que des courtisans qui flattent son ego, il se croit insubmersible, un immortel. 
  
L’hypertrophie de son ego, à ses yeux, est complétée de l’abaissement simultané de celui des autres, ré- duits qu’ils sont à la dimension d’un quotidien rapetissant. Il les prend pour des lilliputiens en politique. Il est, simplement, surprenant de constater que cette volonté de capture du pouvoir éteint toute lucidité et occulte toute possibilité de raisonnement. 
  
 Montesquieu disait ‘’un homme n’est pas malheureux parce qu’il est ambitieux, mais parce qu’il en est dévoré’’. Son ambition reste gravée dans son disque dur, elle lui revient en boucle. Inusable intermittent du spectacle, il ne peut s’empêcher de partir pour un autre tour de piste, à 92 ans, reléguant le chapelet du musulman, la dévotion à Dieu, de ceux de son âge à plus tard. 
  
Qui disait que ‘’les grands artistes, comme Molière, meurent sur scène carils ne peuvent vivre, sans la consécration du public – c’est leur oxygène - Il est tout aussi aisé de comprendre que, dans la perspective de devoir se prolonger dans un avenir sans horizon, habite d’aucun nouveau défi, de subir un futur (pour lui et son Karim) qui se conjuguant à l’imparfait, conduit irrémédiablement au gouffre sans fond du désespoir. ll ne cesse de revenir. 
  
L’expérience a montré que de telles initiatives, à son âge, révèlent combien la prégnance du pouvoir peut conditionner un homme complexe, au parcours sinueux, et stigmatise les entrelacs d’un subconscient tortueux. Ce goût immodéré du défi au-delà du raisonnable, peut lui coûter la vie. Un pitoyable fiasco est au bout. Le Président Wade ne cesse de s’investir, pour faire de son fils le premier des Sénégalais. 

Ce fils prodige, qui n’a pas tête, comme les autres, a été nommé ministre du ciel et de la terre et qui se permettait, bien sûr, avec le bon vouloir de son père, à jouer à la Jules César, en ayant, droit de vie et de mort sur tous les cadres de l’administration et, du Pds selon que vous êtes avec lui ou pas. Il suffisait juste d’appuyer sur un bouton de la télécommande présidentielle. 
  
 Sa condamnation et son ‘’exil’’ volontaire à Doha, ont fourni à son père le prétexte qu’il cherchait, afin de formaliser la mission divine, dont il estime porteur, don- nant de cette façon, un sens à sa présence sur les listes de Mànko Wattu. C’est lui ou son fils qui doivent nous diriger, nous les ‘’médiocres’’. 
  
 Il oublie qu’il en va des visions comme des remèdes. La bonne vision n’a toujours qu’un temps (date de péremption pour les médicaments) ; elle peut s’altérer. C’est pourquoi suggère-ton aux organisations de continuellement faire place à de nouvelles visions, autrement dit, à de nouveaux visionnaires. Il faut faire preuve d’un grand sens d’abnégation et céder la place à d’autres, plus dans le coup, et l’éthique sera sauve. 
   
Le Président Wade ne peut être Mandela. Les Sénégalais ne sont pas amnésiques, hélas, celui qui a goûté l’ivresse de la domination et du commandement, s’il ne se remet pas en cause, ne pourra plus s’en passer. Un tel homme ne s’arrêtera pas de lui-même si on ne lui dresse pas des garde-fous qui l’y contraindront. 
  
Il n’a ni frein, ni curseur d’arrêt ou de stabilisation. Je verse dans la corbeille de nos éminents juristes, qui auront à se pencher sur la réforme de notre texte fondamental, qu’une fois élu député Me Wade devrait perdre ses privilèges découlant de son statut d’anciens Chefs de l’État. En politique, l’élève que je suis, comprend moins la décision de Wade d’aller à la proportionnelle alors qu’il se sent toujours balèze, au point de défier le Président Sall, qui n’est plus son alter ego. 
  
 Un tel mastodonte politique, sûr de lui, aurait dû faire la départementale à Dakar, afin de capter d’emblée les sept députés, ce serait plus logique et plus rassurant. En dégradant sa note le 25 mars 2012, de A en N par cette institution souveraine, plus fiable que les agences de notation, qu’est le peuple, il a été relégué mainte- nant au même niveau que mon sérère Farba Senghor, qui est en face de lui, dans ces élections. 
   
 Personne n’a la nostalgie de la gouvernance Wade, mais alors personne. A chaque fois que j’y pense, me viennent en boucle la tragédie du bateau le Diola avec son lot de morts, suite à une négligence coupable ; la brèche de Saint-Louis ouverte, sans maîtrise ni étude d’impact, qui comptabilise, à ce jour plus de 300 morts et plusieurs villages raillés de la carte du Sénégal. Qui ne se rappelle pas de la fameuse valise de Segura, qui a terni l’image du Sénégal et des Sénégalais ! 
  
 Des délestages, qui ont fait souffrir le peuple, qui ont ruiné notre économie et tiré notre croissance vers le bas. Dans l’agriculture, la filière arachidière a été très mal gérée, ce qui nous a conduit aux bons impayés qui ont fini d’achever nos pauvres paysans. Même Touba la sainte n’a pas été épargnée, du fait de l’épisode Khadim Bousso ou, les mourides de manière unanime n’ont pas compris que, ce qui était encore impossible jusqu’ici, sous Senghor et Diouf, eux qui n’étaient pas des mourides, puisse se faire sous le magistère de Wade, le ‘’fervent’’ talibé de Serigne Touba. 
  
Les infrastructures ô combien bénéfiques nous ont coûté les yeux de la tête, une dette abyssale au cou, alors que nous pouvions avoir, la même chose à des coûts moindres. On se rappelle de la boulimie foncière (CICES Bandia, Almadie etc.) sous la gouvernance Wade et les détournements de deniers publics à tout va. C’est vrai que le pronostic vital du Pds est engagé depuis peu, mais est-ce une raison de laisser mon grand-père revenir sur le terrain politique, qui est semblable à une faune imprévisible ? 
 
Me Wade, qui se présente en cette fin d’année 2017 aux législatives, qui pourrait l’empêcher de briguer la magistrature suprême en 2019, en cas de victoire de sa coalition ? (Que Dieu nous en garde). Il lui suffira juste de faire, en plus de la loi d’amnistie pour son Karim, sauter le verrou constitutionnel de l’âge. Je rappelle que l’on est, presque à un an des présidentielles (92 ans sera 93 ans pour lui). 
  
Nous ferions le deuil de nos milliards détenus par Karim suite à son procès et notre avenir énergétique (pétrole et gaz) serait dans la poche de René Caille Wade. Non maître, vous ne pouvez revenir faire comme si rien ne s’est passé, ce serait trop facile. Méfiance, méfiance, mobilisons-nous pour l’arrêter, au non de la pérennité de la paix dans notre pays. 
  
Il y’a bien un fossé immense entre nous et cet homme sur l’estrade qui fait son numéro de jongleur de mots de dresseur de foules moutonnières. Quand on affronte les problèmes de demain avec cet homme d’hier (le seul Chef d’État de son âge à vouloir revenir), on récoltera plus que les drames d’aujourd’hui. 
  
Baïla Wane Cercle des amis de Macky Sall

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