Situation en Casamance: Les bouches qui ne devraient point s’ouvrir et les plumes à casser

 

Par Cheikh Tidiane Diédhiou MAODO (Actu24, SEDHIOU)  

Depuis quelques temps, le journaliste Cheikh Yérim Seck qui se targue d’être un «spécialiste des guerres» ne cesse de multiplier les déclarations et les écrits de va-t’en guerre sur la situation en Casamance. Enfant de la Verte et meurtrie Casamance, à la plume encore maladroite, nous voudrions lui apporter des correctifs à ses déclarations.

Excusez du caractère salé de cette rétorque, puis que par ignorance, Yérim réveille en nous des souvenirs que nous pensions à jamais  oubliés. Cheikh qui pense connaître l’histoire de ce conflit casamançais, apprise peut être entre deux fauteuils, a tout faux. Cette rébellion a connu des hauts et des bas que nous n’aimerions plus jamais connaître. Le tout répressif d’Abdou Diouf était là avec le général Dieng. Des villages ont été rayés de la carte. Et, Cheikh des deux côtés; c’est nous qui mourons, nous casamançais. A Boffa, ce sont nos frères sénégalais de la Casamance qui sont tombés. Et nous les pleurons encore.

Ensuite est venue la période mi-figue mi-raisin de Wade. Bref, on ne vous apprend pas cela. Mais quand vous parlez de solution militaire unique et de frappes chirurgicales: vous avez tout faux. Nous parlons de paix et de processus de paix irréversible que ni Boffa, ni d’autres tragédies du passé ne sauraient remettre en cause. Respectez-nous au moins dans notre douleur. D’ailleurs pour vous dire que vous avez mal lu l’histoire, on vous donne les exemples suivants:

  1. En Angola que tu énumères, ce n’est pas parce que Jonas Savimbi a été tué que l’UNITA était devenue faible mais plutôt le changement géopolitique avec le retrait du soutien de certains pays occidentaux. Cette rébellion a fini sur la table des négociations
  2. Un autre contre-exemple pour toi, ce sont les FARC en Colombie qui sont en train de trouver une solution négociée après plus d’un demi-siècle de guerre. Les maoïstes dans le même pays suivent la mouvance.  
  3. Pour te dire que l’événementiel n’est pas l’histoire, retiens ou apprends que partout où la solution militaire a été privilégiée, les soubresauts des conflits continuent à alimenter l’info que tu connais. Regarde au Mali, y’a-t-il une solution ? Et en Côte-d’Ivoire ? Et en Centrafrique ? Et en RDC au Katanga depuis le Congo contre Thiombé et ses hommes? Cheikh, mieux vaut la réprimande du sage que le chant des insensés. La Casamance ne devrait point te servir de lave-linge pour redorer un blason terni par des histoires connues ailleurs.

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