Sénégal: L’autorité de Macky Sall en question

 

A l’Alliance pour la république (Apr), on est retourné en Grèce antique. Sans sonner le clairon, on porte la charge. Faucons, frelons, scorpions et autres noms de bestiole symbolisant des camps se livrent une bataille sans concession. Pendant ce temps, Macky Sall, qui n’a de cesse averti ses partisans, est entre quatre avions, comme exaspéré d’avoir trop de fois sifflé une récréation qui n’en finit pas.

Le parti présidentiel est sens dessus dessous. Comme exacerbée par les investitures des candidats aux prochaines législatives, la guerre que se livrent les responsables de l’Apr n’est plus en sourdine. Par presse interposée, ceux-ci se tirent dessus, se vilipendant sans égards. Après Aliou Sall et sa vraie fausse rébellion, le député Farba Ngom et son mou recadrage, les insultes publiques du président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar, le secrétaire d’Etat à la Communication est entré dans la danse.  Yakham Mbaye, qui était attendu sur la démission du ministre de l’Energie et du Développement des énergies renouvelables qui suscite moult commentaires, n’a pas seulement mis son grain de sel. Comme pour divertir les Sénégalais en les conviant autour d’un sujet de discussion autre que l’arrivée de Total et le départ de Thierno Alassane Sall, Yakham Mbaye a amplifié la cacophonie en se servant d’un couteau pour raser Moustapha Diakhaté. «Il vivait dans une bicoque en tuile, plus branlante que la cabane de bord de mer d’un pêcheur, qui naturellement n’a rien à voir avec son manoir d’aujourd’hui aux Almadies », écrit Yakham Mbaye répondant à Moustapha Diakhaté qui portait la réplique à Aliou Sall qui a  parlé de groupe parlementaire de Benno Bok Yaakaar «à la tête complètement pourrie».

Pendant que les proches de Macky Sall s’étripent, les regards se tournent vers le leader de l’Apr. Seulement, il ne faut guère s’attendre à ce que le président Sall résolve cette crise. Lui qui n’a pas été en mesure de calmer les ardeurs belliqueuses des sauvageons de la Cojer, pourrait-il faire entendre raison à ces ténors qui ne semblent guère se préoccuper de son ressenti. Devant Macky Sall, au palais de la République, des responsables de l’Apr se sont donnés en spectacle comme si le maitre des lieux était transparent ou invisible.

Comme l’éphémère démission de Youssou Touré, c’est Marième Faye Sall qui va s’en doute entrer en jeu pour mettre de l’eau au moulin des uns et des autres. Au lendemain des fracassantes révélations du ministre Mbagnick Ndiaye, l’autorité du président de la République avait été jaugée et évaluée comme moindre par de nombreux Sénégalais. «C’est madame qui décide», indiquaient certains. L’entourage de Macky Sall que Aliou Sall mettait en cause lors de sa fameuse sortie, a renvoyé beaucoup d’observateurs à Marième Faye Sall. Au cours de son même meeting, le jeune frère du président Sall avait jaugé l’autorité du président avant de lui donner une note plus que médiocre. «Le président n’a pris aucune décision. Il m’a demandé si je voulais bien retirer (sa candidature aux législatives, Ndlr), j’avais retiré. Vous avez dit non et j’accepte ce que vous avez dit », avait clamé Aliou Sall.

Le président ne semble fort que derrière le procureur de la République et les policiers du ministre de l’Intérieur.

Mame Birame WATHIE

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