Sénégal-Divers réclamations d’infrastructures et financements des députés au ministre des finances: Seydou Diouf montre les bons interlocuteurs

 

Invité à entretenir les députés de la coalition Benno Bokk Yakaar (Bby) sur l’élaboration du budget, son examen et adoption, ainsi que le contrôle de son exécution, le Président de la commission des votes, Seydou Diouf indique qu’il faut faire le ciblage des interlocuteurs lors des réclamations de réalisations et autres financements, notamment les ministres sectoriels concernés.

Il s’exprimait ainsi hier, mercredi 11 octobre, au deuxième jour du séminaire politique dédié aux parlementaires de la mouvance présidentielle. Pour éviter que les parlementaires réclament, comme cela se fait lors des sessions budgétaires à l’Assemblée nationale, au ministre des finances des réalisations et autres financements pour leur département, le président de la commission des votes, Seydou Diouf montre la voie. Le pénaliste chargé hier, mercredi 11 octobre, de mener l’atelier technique sur l’élaboration du budget, son examen et adoption, ainsi que le contrôle de son exécution, estime qu’il faut «savoir faire le ciblage des interlocuteurs». En effet, le député révèle à ses collègues de la mouvance présidentielle que le ministre des finances n’est pas la personne la mieux indiquée pour faire certaines réclamations. Pour lui, conformément à la réponse que leur sert chaque fois ledit ministre, il faut se référer aux ministres sectoriels. Selon lui, c’est seulement à ces derniers, détenteurs de lignes et crédits budgétaires, qu’il faut adresser lesdites demandes, notamment la construction de route, d’hôpital, les financements, etc. C’est à ceux-là, à son avis, de voir comment intégrer ces demandes et autres préoccupations dans leur budget, à défendre devant le ministre des finances.
 
Poursuivant son cours magistral, face à des députés, qui pour la plus part sont des novices en la matière, Seydou Diouf explique que les arbitrages et autres rectifications des budgets des ministères se font en conseil des ministres, comme celui d’hier, portant sur l’examen de la loi de finances 2018. Donc, pour lui, c’est le chef de l’Etat, Macky Sall qui procède à la validation desdits budgets, conformément à sa politique, au nez et à la barbe des ministres concernés. Ce qui lui fait dire que ce n’est pas aux députés de réclamer l’augmentation de tel ou tel budget, car le ministre en question a approuvé les réajustements faits par le président de la République. Mieux, l’honorable député explique, qu’en réalité, l’exercice parlementaire qui va démarrer ce vendredi n’est pas l’examen du budget de l’Etat, mais plutôt l’adoption d’une loi de finance du gouvernement. Donc, pour lui, c’est à l’Etat d’élaborer son budget, conformément aux priorités qu’il s’est fixé et non aux députés de proposer un budget au gouvernement.
 
Quid alors du rôle que jouent les députés dans la loi de finance ? Sur ce point, le président de la Commission des votes renseigne que les parlementaires interviennent 2 fois sur l’ensemble des 4 étapes que comporte le processus. Il explique qu’après l’élaboration dudit budget, le gouvernement passe à l’hémicycle pour son adoption, même si un examen se fait au préalable par les parlementaires. Après l’exécution du budget, le gouvernement repasse au parlement pour son contrôle par les élus. Le panéliste a, dans la foulée, expliqué les concepts de lois de finance rectificatives, tout comme les lois de règlement, sans oublier les décrets d’avance, etc. A noter, par ailleurs, que les députés de Benno ont été mis à niveau dans l’après-midi d’hier sur le contrôle de l’action gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques.

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