La perception du changement climatique chez Cheikh Bamba Dièye

 

Selon Cheikh Bamba Dièye, «nous avons sur le climat, la possibilité de réagir, entant qu’humain afin de poser les bases d’une nouvelle citoyenneté mondiale» 

Le responsable politique du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël (FSD/BJ), croit dur comme fer que le combat contre le réchauffement climatique peut être une réussite. Invité à prendre part à la célébration de la 4ème édition des trimestriels de l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo), Cheikh Bamba Dièye, qui publiera bientôt un ouvrage sous l’angle: «Le climat, une nouvelle citoyenneté », invite sans cesse à faire face au phénomène climatique. Et M. Dièye n’est pas sur terrain inconnu puisqu’il a été maire de la ville sénégalaise de Saint Louis fortement hantée par l’érosion côtière.

«Quelques soient les périls qui sont dans le climat, les risques que nous subissons, il y a une chose qui est extraordinaire avec le péril climatique. Cela nous donne pour la première fois la sensation que nous sommes tous des citoyens du monde», relève Cheikh Bamba Dièye, de son vrai nom Cheikh Abiboulaye Dieye à l’occasion de la rencontre qui avait pour thème : « Le paradoxe des politiques d’émergence à l’heure des changements climatiques». Le candidat malheureux à l’élection présidentielle sénégalaise de 2012 note que les pays africains sont les pays les moins actifs en termes de pollution mais le péril climatique est une donnée internationale, elle est disponible pour tout le monde. Si la chine produit des gaz à effets de serres à des niveaux extraordinaires tout comme les Etats unis, ce sont les pays comme le Burkina Faso, le Sénégal et les Etats insulaires y compris beaucoup d’autres environnants qui sont les plus impactés en termes de risques climatiques. De ce point de vue, indique-t-il, « il est clair qu’au-delà des clivages politiques, des enjeux de développement, nous avons sur le climat, la possibilité, cette fois-ci de réagir en tant qu’humain pour pouvoir certainement poser les bases de cette nouvelle citoyenneté mondiale. Et l’ancien édile de Saint Louis d’ajouter « on a pensé que la globalisation été l’élément moteur de cette nouvelle citoyenneté mondiale, je crois personnellement que c’est le climat qui risque, du point de vue des risques qu’il fait peser sur chaque individu, sur chaque Etat et sur la culture mondiale qui représente de mon point de vue l’élément le plus structurant si bien que nous sommes capables de développer cette fois-ci les bonnes stratégies, la bonne mesure, la bonne compréhension et surtout les actions concertées pour nous permettre de faire face » a dit Cheikh Abiboulaye Dieye. A l’en croire, il y a dans ce phénomène-là deux éléments qui s’opposent. Il y a beaucoup parmi les décideurs politiques qui sont des climato sceptiques qui pensent qu’en réalité, c’est juste un stratagème que l’on met devant eux pour leur empêcher d’avoir un droit au développement en termes de pouvoir utiliser les énergies les moins coûteuses et les plus polluantes et d’autre part aussi une stratégie nouvelle pour nous permettre de nous mettre encore un corsé de plus. De l’autre côté, se trouvent les adeptes de la deep écologie qui pensent que tout doit être climat, tout doit être refondé, réorganisé, où l’homme n’est plus le responsable mais simplement doit se comporter comme étant un élément dans une nature globale et globalisée.

Parlant du cas des pays africains et du Sénégal en particulier, l’ancien ministre du gouvernement d’Abdou Mbaye se veut plus catégorique. Il dira à qui veut l’entendre que « Saint Louis est la ville la plus vulnérable sur un des aspects du changement climatique : le rétrécissement du trait de côte. De cet expérience que j’ai eu à vivre, il en résulte que si les phénomènes sont maintenus et à ce niveau-là, rien n’est encore mis pour inverser la tendance, on se rendrait bien compte très vite qu’une menace beaucoup plus grave fait peser sur la ville de Saint Louis et sur la Langue de Barbarie dans l’immédiat puisque c’est une bande de terre d’environ 17 km avec des largeurs de 50, 100, 150 m. Depuis plus de 5 ans déjà, chaque année, sur la ville de Saint Louis, il y a au moins une bonne vingtaine de maisons qui sont complétement détruites par la mer. Et si on avait eu le temps de vous présenter les photos, la réalité, le drame humain, vous vous rendrez compte qu’en réalité, le climat est l’une des menace les plus graves qui font peser sur les Nations surtout sur les pays africains compte tenu même de leur vulnérabilité intrinsèque en termes de ressources, d’organisation et en termes de capacité d’anticipation », se désole-t-il. Avant de conclure ses propos en ces termes: «des experts nous disaient que si rien n’est fait le long du trait de côte de Saint Louis jusqu’à Kafountine, on risquerait de voir pour la tranche de Rufisque, d’ici à quelques années, le trait de côte arriver jusqu’au niveau de la route nationale».

Moctar FICOU / VivAfrik    

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