Fragilisé chez lui, Donald Trump entame sa première tournée à l'étranger

 

Pendant huit jours, le locataire de la Maison Blanche visitera quatre pays et assistera à deux sommets (G7 et Otan). Et rencontrera de nombreux chefs d'Etat, dont Emmanuel Macron.

Fragilisé une fois de plus à Washington par l'affaire de ses liens supposés avec Moscou, le président américain Donald Trump entame un premier voyage à l'étranger particulièrement dense puisqu'il se rendra dans pas moins de quatre pays en huit jours et fera étape à Ryad, Jérusalem, Bethléem, Rome, Bruxelles ou bien encore la Sicile. Il participera aussi à deux sommets, celui du G7 et celui de l'OTAN.

De nombreux tête-à-tête, du roi Salmane au pape François en passant par le nouveau président français Emmanuel Macron, sont également prévus à son agenda.

«Le fait est que personne ne sait comment Donald Trump va se comporter ou ce qu'il va dire dans des réunions de ce type car il ne l'a jamais fait », résume Stephen Sestanovich, du Council on Foreign Relations. Des craintes que l'entourage du président balaie en mettant en avant un style «amical mais franc », gage d'efficacité dans les relations internationales.

Convaincre qu'"America first" est compatible avec le multilatéralisme

Donald Trump, peu friand de longs déplacements, sera accompagné de sa femme Melania, très en retrait jusqu'ici. Sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, qui sont aussi deux de ses plus proches conseillers, prendront également place à bord d'Air Force One.

Sur le fond, le magnat de l'immobilier, qui a, sur les affaires étrangères, opéré un spectaculaire recentrage par rapport à ses propos de campagne enflammés, devra expliquer comment et jusqu'où « l'Amérique d'abord », son slogan favori, est compatible avec le multilatéralisme.

« Le président Trump sait que l'Amérique d'abord ne veut pas dire l'Amérique seule, bien au contraire », a lancé le général H.R. McMaster, son conseiller à la sécurité nationale. Mais au-delà de cette formule, les interrogations demeurent nombreuses.

A la rencontre des trois grandes religions monothéistes

A Ryad, où il arrivera samedi, Donald Trump devrait s'attacher à marquer le contraste avec son prédécesseur, qui suscitait la méfiance des monarchies sunnites du Golfe.

Discours musclé vis-à-vis de l'Iran chiite qui élit en ce moment son nouveau président , mise en sourdine des questions sur les droits de l'Homme, annonce probable de contrats d'armement : les ingrédients sont réunis pour que l'accueil soit bon.

Mais le président prend un pari risqué en prononçant, depuis la capitale saoudienne et devant plus de 50 dirigeants de pays musulmans, un discours sur l'islam.« Je les appellerai à combattre la haine et l'extrémisme », a-t-il promis avant son départ, évoquant une « vision pacifique » de l'islam.

En Israël, où il espère pousser l'idée - aux contours encore très flous - d'un accord de paix, Donald Trump retrouvera son « ami » Benjamin Netanyahu (à Jérusalem) ainsi que le président palestinien Mahmoud Abbas (à Bethléem, dans les Territoires palestiniens occupés). Le déplacement est déjà entouré d'un parfum de polémique, lié à l'organisation de la visite au mur des Lamentations et à la transmission aux Russes d'informations classifiées obtenues de l'allié israélien.

La rencontre avec le pape François au Vatican s'annonce singulière, tant les positions des deux hommes sont aux antipodes, que ce soit sur l'immigration, les réfugiés ou le changement climatique.

En Europe, Trump est attendu pour éclaircir ses propos contradictoires

L'Europe, où Donald Trump a semé la perplexité à coups de déclarations contradictoires sur le Brexit, l'avenir de l'UE ou le rôle de l'Otan, sera la dernière étape de son périple avec une rencontre des membres de l'Alliance atlantique, à Bruxelles, et un sommet du G7, à Taormina, perle touristique de la Sicile.

« Investira-t-il dans la relation avec les alliés outre-Atlantique comme tous ses prédécesseurs l'ont fait depuis Pearl Harbor ? », interroge Charles Kupchan, ex-conseiller de Barack Obama. « Il est arrivé au pouvoir en laissant entendre que non, il a depuis suggéré que peut-être. Tout le monde sera à l'affût ».

Donald Trump n'a, à ce jour, jamais personnellement réaffirmé l'engagement des Etats-Unis à l'égard de l'article 5 du traité de l'Otan sur la solidarité entre Etats membres en cas d'agression extérieure.

Source AFP

 

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