Sénégal-Economie-Transparence: Des zones d’ombre dans l’agrément de Copelit Afrique

 

Par P.M.F (Actu24, MBOUR)

28 mai (Actu24.net)-Investie vendredi après-midi par une furia de prés d’un millier de manifestants du village de Mballing et environnants qui exigeaient sa délocalisation, l’unité industrielle a vu samedi matin une de ses chaudières exploser aux premières heures de la matinée, faisant un mort et 18 blessés dont 3 dans un état grave. Suffisant pour le que Ministre de la Pêche et de l’Economie Maritime, vienne jouer au Sapeur pompier, quelques heures après le drame. Il reste cependant évident que toute la vérité n’a pas encore … explosé dans ce dossier.

Oumar Guéye, en débarquent à Mbour ce samedi, état conscient de la gravité de l’heure. Après avoir exprimé sa compassion à la famille de la victime et des blessés  suite à l’explosion «inattendue» de la chaudière, a condamné fermement l’attitude du promoteur marocain, M. Selim, qui aurait  passé outre la sommation d’arrêt immédiat de production à lui signifiée le jeudi, par le Directeur des Industries de Transformation de la Pêche suite à une inspection technique. «J’ai été Informé de l’explosion qui a eu lieu dans cette usine  de fabrique  de poisson. Il y a eu perte en vie humaine, 16 blessés dont certains  graves qui sont à l’hôpital. Au préalable, le Directeur des Industries de transformation de la Pêche était venu ici jeudi faire son inspection. Lorsque l’information nous  est parvenue, il est venu immédiatement et par la suite il a eu à délivrer  un document portant arrêt immédiat de la production et des exportations. Ce document a été bien reçu par les responsables de l’usine. Cette lettre n’a pas été suivie quant à son application et une explosion s’est produite ce matin (samedi). Les causes de l’explosion nous ne le savons pas encore, l’enquête qui sera ouverte va certainement indiquer les causes. L’administration des pêches avait pris les décisions importantes et idoines en émettant cette lettre portant arrêt immédiat de production et d’exportation», a indiqué Oumar Guéye. «Cette usine a eu son agrément en 2012 et toutes les procédures ont été respectées et régulièrement des inspections se font. La situation n’a pas une corrélation par rapport à l’agrément. Une usine qui a un agrément peut perdre son agrément. C’est le cas de cette usine là. Si elle  avait respecté  ce qui avait été dit hier on n’en serait certainement pas arrivé là. Les mesures sont déjà prises. Quand l’usine explosait, elle n’était pas dans les dispositions réglementaires pour produire, parce que le document était arrivé à l’usine pour lui demander d’arrêter immédiatement ce qui n’a pas été fait. Une enquête à tous les niveaux va se faire pour situer les responsabilités .Au point de vue administratif, les mesures qui devaient être prises par l’administration des pêche ont été prises», a ajouté le Ministre. «Des usines de farine de poisson existent partout dans le monde et on a besoin de farine pour beaucoup de chose. Le respect strict des règles et les normes d’hygiène et de sécurité pour exploiter est indispensable.  Pour cela, nos services y veillent. Ils sont omniprésents sur toute l’étendue du territoire et quand il y a des mesures à prendre, ils les prennent à l’occasion d’inspections ou d’alertes, prendre les mesures qui s’imposent pour pouvoir sauvegarder la sécurité des personnes et des biens», a précisé Oumar Guéye. Prenant la balle au rebond, le maire de Malicounda, a demandé une délocalisation pure et simple de l’usine. «Cette usine ne respecte pas les normes environnementales indiquées. Elle constitue une menace écologique en ce sens qu’elle participe à détruire certaines espèces. Ensuite, elle a des impacts négatifs directs sur la santé des populations. C’est pourquoi, il faut la délocaliser », a laissé entendre  Magutte Séne.

Parfum de deal.

Hier,  dimanche, le directeur technique de l’usine, Hassan, réagissant aux propos du Ministre de la  Pêche et de l’Economie Maritime, s’est  inscrit en faux  avec les propos d’Oumar Guéye quant

à la date de  réception de l’arrêté de suspension de la licence de production et d’exploitation. M. affirme haut et fort que ce fameux document ne leur serait parvenu que le vendredi soir, à 23h et 36 minutes. A qui croire dans ces deux versions ?

Déjà, son directeur commercial parle de 800 millions de Frs Cfa de pertes occasionnées par  cette situation. Il précise que ce sont 200 travailleurs qui gagnent leur pain dans cette usine, sans compter les mareyeurs, charretiers et autres collaborateurs. De toute évidence, il y un problème qui reste constant dans cette affaire. C’est bien le mutisme des autorités dont le Ministre Oumar Guéye ,qui depuis 2014, ont laissé les populations de Mballing à leur triste sorte, confrontées à cette agression écologique et sanitaire évidente. Qu’est ce qui les avait empêchés durant tout ce temps d’ordonner à l’usine un arrêt de la production ? Ce n’est pas parce qu’ils n’étaient pas au courant, ne répondront-ils pas certainement. Quel argument donc ? Peut être qu’il ya des raisons liées à d’autres facteurs qui relèveraient plus de considérations non administratives, pour ne pas dire d’intérêts. C’est là une source légitime d’interrogation. Le Ministre de la Pêche et de l’Economie Maritime détient t-il toutes les informations sur le contrat qui lie la société «Copelit Afrique» à notre pays, connait-il les termes du contrat ? En tout cas, le promoteur, lui, se cramponne à son agrément et ne veut pas entendre parler de délocalisation de son usine. Il soutient mordicus avoir traité directement avec le Président Macky Sall. Quoi qu’il en soit, il reste des zones d’ombre dans cette relation avec ce privé marocain, réputé richissime. Une situation que n’a pas manqué de souligner un acteur influent de la société civile. Gaoussou Guéye, Secrétaire Général de la Confédération Africaine des Organisations de la Pêche Artisanale (Caopa) croit bien à un «deal».

 IL condamne l’attitude du Préfet du département de Mbour qui aurait, plus tôt, fait fi des recommandations des techniciens de la Dtip de faire fermer cette usine, en signifiant à la direction de «Copelit Afrique» qu’il lui était loisible de continuer ses activités. M. Guéye renseigne qu’il y a à ce jours au Sénégal 9 usines de ce type dont 2 sans agrément. Et d’indiquer qu’il y a «une grosse pointure dans le secteur de la pêche qui serait propriétaire  de l’une de ces usines polluantes». Allez savoir qui-c’est !

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