Adhésion du Maroc à la Cedeao: Le Pr Kassé sonne l’alerte

 

L’intégration prochaine du Maroc au sein de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) n’agrée pas le Professeur Moustapha Kassé. Invité de l’émission dominicale de la première radio privée du Sénégal (Sud FM, Sen Radio), l’ancien doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) et non moins, doyen honoraire, a alerté les pays membres de la CEDEAO sur la dangerosité de l’entrée du Maroc dans cet espace communautaire de 15 membres.  L’entrée prochaine du Royaume chérifien de Maroc dans la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) va «handicaper» les économies des États membres de cette communauté. La déclaration est du professeur agrégé d’économie et doyen honoraire de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Moustapha Kassé.

Invité de l’émission Objection de la radio Sud FM (privée) hier, dimanche 03 décembre, l’ancien doyen de la Faseg de Dakar, Professeur Moustapha Kassé a indiqué, au sujet de la candidature du Royaume chérifien dans la Cedeao, que le Maroc, avec son Produit intérieur brut (Pib) estimé à 100 milliards, va causer «un énorme handicap» aux 15 États de la Cedeao au niveau macro-économique.

«Le Pib du Maroc est la somme des Pib de la Côte d’ivoire, du Sénégal, du Ghana à la fois. Mais, le plus important, c’est la manière dont le Maroc est géré ; la place octroyée à ses entreprises ; les taux de financements ; les politiques sectorielles. Si vous interrogez individuellement ces différents points, vous verrez que le Sénégal ne gagne rien dans l’entrée du Maroc dans l’espace CEDEAO. Pis, nous perdons même», a prévenu l’ancien doyen de la Faseg.
 
Pour rappel, le Maroc a déposé sa candidature pour une adhésion à la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Lors d’une sortie médiatique, le président de la commission de la Cedeao a souligné que dans sa demande d’adhésion à la Cedeao, le Roi Mohammed VI s’est dit prêt à abandonner le Dirham (monnaie du Maroc) lorsque la communauté économique aura sa monnaie unique.
 
S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture du 13ème Conseil présidentiel de l’investissement, à Dakar, le chef d’Etat, Macky Sall a annoncé que la question de l’adhésion du Maroc à la Cedeao sera débattue le 16 décembre prochaine à Lomé lors du prochain sommet de la communauté régionale.
 
Il faut également souligner que cette candidature du Maroc ne fait pas l’unanimité au sein des 15 États membres. En effet, si des pays comme le Sénégal et la Cote d’ivoire semblent soutenir ce projet, tel n’est pas le cas pour la première puissance économique africaine, le Nigéria. Redoutant un envahissement des produits européens sur le marché ouest africain avec l’adhésion du Maroc, le secteur privé de la République fédérale du Nigéria (plus grand marché ouest-africain) met la pression sur son gouvernement pour barrer la route à l’entrée du Maroc.
 
Pour rappel, les 15 pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo, Cap-Vert), prévoient de lancer une monnaie unique en 2020, selon un rapport de l’organisation, qui retrace la stratégie globale d’adoption de ladite monnaie.

Une telle initiative avait  déjà émergé en 2000, au sein des pays de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO : Ghana, Gambie,  Nigeria, Guinée et Sierra Leone), à la suite de la Déclaration d’Accra et de l’Accord de Bamako. Ces pays représentaient une population de 190 millions d’habitants et un Pib de 375 milliards de dollars en 2008, selon le site adiac-congo.com que nous avons visité.

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