Pour déconstruire la mauvaise image de la femme africaine: Marie Jeanne Thomas engage le combat dans «Brune»

 

 

Montrer une image positive de la femme africaine, autre que celle projetée en Europe et même dans le continent : c’est l’objectif que s’est fixée Marie Jeanne Thomas, première femme noire éditrice d’une revue internationale francophone. Dans son magazine Brune, crée en 1991, la journaliste cherche, à travers des portraits et autres interviews, comme celle avec la Première Dame du Sénégal, Marième Faye Sall, dans le 71ième numéro, à mettre en valeur la femme émergente. 

Longtemps caricaturée ailleurs, notamment dans le continent européen, et même ici en Afrique, la femme africaine subie la violence de la société. C’est pour mettre un terme à cette image «odieuse» de la femme noire, considérée comme pauvre et sans culture, qu’elle s’est mise en bandoulière le combat pour leur émancipation. Elle, c’est Marie Jeanne Thomas, première femme noire éditrice d’une revue internationale francophone, née au Sénégal. Face à la presse, le samedi 26 novembre dernier, la journaliste explique, en effet, qu’il n’y a pas d’image positive de la femme africaine dans les médias européens et même africains. 

Selon elle, «d’autres journaux nous (les femmes africaines) cantonnaient au rang de femmes soumises et tristounettes, alors que plus autonomes et spirituelles, il n’y en a pas». Pour contester cette campagne de dénigrement, explique-t-elle, elle a lancé le magazine Brune en 1991, vendu dans plus d’une vingtaine de pays. Elle indique, en effet, que Brune est le «miroir dans lequel toutes nos différences et nos richesses sont valorisées sans distinction de culture». 

Après une trêve causée par la dévaluation, le magazine a été relancé en 2006. Depuis, Marie Jeanne Thomas marque le monde de la presse francophone par la qualité et la permanence de son travail et ses exigences aussi bien éditoriales qu’esthétiques.

Pour en arriver là, Marie Jeanne Thomas, qui cherche à magnifier la beauté et l’image positive de la femme africaine, réalise dans son magazine des portraits de femmes, figures gagnantes des entreprises d’outre-mer, tout comme en Europe. Mieux, la journaliste décroche des interviews de personnalités africaines, à l’image de celle que lui a accordée la Première Dame du Sénégal, Mme Marième Faye Sall, dans le 71ème numéro. 

Dans ce numéro, Marie Jeanne Thomas dit découvrir une dame qui est «certainement l’arme secrète et l’âme dévouée de l’homme d’Etat». Mieux, aussi «une figure lumineuse, spirituelle et attachante à la personnalité très affirmée». Avec des articles tremplins, mélangés à la beauté, à la mode et au style, Marie Jeanne Thomas parvient à tirer mensuellement 30 à 35 mille exemplaires.

Comme perspective, la titulaire d’une licence en anglais et en ethnologie projette de lancer en 2017, un magazine masculin Ben, incorporé dans le Brune. 

Pour cause, selon elle, «le marché est vide». Une occasion, pour elle, de faire la promotion du Sénégal.

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