Lettre ouverte au président Macky Sall: Par devoir et par droit

 

Monsieur le Président 

A la veille des élections législatives du 30 juillet  2017 qui sont d'une importance si capitale, je me fais le devoir et l’obligation de partager avec vous et le peuple sénégalais la réflexion qui suit et qui porte essentiellement sur la vie de notre parti et les questions de l’heure qui intéressent  la nation sénégalaise.

Monsieur le Président

Je voudrais d'abord magnifier l'ensemble de vos réalisations depuis votre accession à la magistrature suprême de ce pays. En effet, depuis cinq ans vous ne cessez de poser des actes qui  transforment  de façon radicale les conditions de vie de nos concitoyens. Pour preuve, je citerai le CMU, les bourses de sécurité familiale, les sentiers de l’émergence,  les réalisations du PUDC etc. La liste est loin d'être exhaustive, tant il est vrai que tous les secteurs d'activités connaissent de profondes mutations sous votre impulsion. Tout cela pour dire que votre bilan, à mi- parcours,  est satisfaisant.

Seulement Monsieur le Président, en listant vos nombreuses réalisations, une question lancinante me taraude l'esprit : est ce que les réalisations sont les seuls critères qui guident et fondent le choix du citoyen devant l'urne ? Autrement dit, est ce que d'autres considérations n'entrent pas en jeu ?

Et en cela, je fais allusion aux valeurs qui fondent et cimentent notre commune volonté de vivre ensemble. A y voir de prés on serait tenté de réponde à l'affirmative.

Permettez-moi de vous rappeler Monsieur le Président que dans la précédente lettre que je vous avais adressée, j'attirais votre attentions sur les agissements de certains responsables du parti qui étaient aux antipodes de la politique de rupture que vous avez instauré dans tous les compartiments de la vie de notre nation. 

S'il est admis que la démocratie respire par les élections et murit  par l’alternance, il n'en demeure pas moins que les valeurs de vie commune y constituent le socle sans lequel il est illusoire de vouloir promouvoir une société équitable basée principalement sur l'incarnation  d’une éthique comportementale par  ses fils mais surtout par ses élites.

En effet, si la majorité des sénégalais s'identifie à vous et à votre action, c'est lié avant tout aux valeurs de sobriété et de vertu que vous incarnez. Or, depuis un certain temps, le spectacle fait d'invectives et d'insultes qu'offrent certains responsables du parti aux populations est plus que désolant et lourd de dangers. Il frise à la limite l’insolence, l’arrogance et l'indiscipline. Ces contre -  valeurs qui ont foisonné sous l'ancien régime ont été sévèrement sanctionnés par les citoyens .C'est dire qu'à ce niveau, la situation est grave pour ne pas dire catastrophique.

Les sénégalais observent et attendent que des mesures soient prises pour mettre fin à ces délires de gens qui ne sont mus que par leur propres intérêts .Ces gens ne sont nullement dignes de votre confiance et abusent de leur position dans la sphère  étatique pour semer le désordre et la haine  dans nos rangs .Le citoyen au moment de voter (fameux reflexe dans l’isoloir) considèrera certainement votre bilan, mais mettra un point d'orgue sur la préservation des nos valeurs. Et au rythme où vont les choses, il est à craindre que cela puisse impacter négativement sur nos résultats au soir des élections législatives du 30 Juillet 2017.

Il urge donc, Monsieur le Président, de prendre les mesures qui s'imposent pour parer à toute éventualité.

Sur un autre registre concernant le Benno Bokk Yakaar,  je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'un parti fort vaut mieux qu'un allié de circonstance ; pour dire que l'APR doit être au devant de ces élections avec la promotion des nos responsables. Une façon de dire aussi que l’intérêt du parti doit être sauf et préservé. .Nous disons oui aux alliances, encore que nous devons nous présenter à eux forts et unis.

Monsieur le Président, vous comprendrez que je ne peux pas clore cette missive sans pour autant parler du cas des arabisants du pays. 

Nous avons applaudi vos décisions majeures d'instaurer le bac/option arabe, de rouvrir l'Ecole nationale d'Administration aux arabophones, même si elle reste encore fermée aux milliers de fonctionnaires parmi eux. Cependant nous sommes restés sur notre faim car l’option scientifique de ce bac n'est toujours pas effective, quid pour l’Université arabo – islamique, qui semble être inscrite aux calendes grecques, la formation professionnelle des jeunes arabisants et  l’insertion des diplômés  en arabe etc.

C'est dire que pour cette catégorie importante de la société il reste beaucoup de choses à faire notamment leur implication effective dans le développement économique et social de notre pays.

En espérant une oreille attentive auprès de votre excellence, je vous prie de croire, Monsieur le  Président de la République, à l'assurance de ma très haute considération.

Dakar, le 14 mai  2017

                                                                             SOULEYMANE GADIAGA

                         

                                                                       Coordonnateur du Mouvement

                                                national des Arabisants républicains (MNAR)

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