«Aux bons souvenirs» du Directeur général de la Rts (Par Maître Djibril WAR)

 

C’est le titre d’une contribution que nous avions faite en 2008, plus exactement le 08 janvier (journalWalf). C’était au début de la méchante campagne d’acharnement sur la personne de l’ancien Premier Ministre Macky SALL, devenu Président de l’Assemblée Nationale. Les télés spectateurs assistèrent à l’époque, non sans indignation à la «Démackysation» dont le directeur de la Rts de l’époque joua un rôle déterminant, en utilisant la chaîne nationale de télévision.

La victime d’alors, aujourd’hui Président de la République, s’est même fait fort de le rappeler à l’opposition qui a décrié le comportement de la RTS dans le traitement inégalitaire de l’information, lors de sa dernière rencontre avec MANKO WATTU SENEGAL. La récente illustration de l’actuel directeur de la télé nationale, pourtant pourvue de personnel qualifié a battu tous les records en matière d’excès de zèle, d’abus de pouvoir, mais surtout d’indécence républicaine. Quoi qu’on dise, ses prédécesseurs, non exempts de reproches dans leur gestion et le traitement de l’information,  très critiqués à l’époque, parce que trop  partisans, n’ont jamais franchi le Rubicon de cette ligne invisible, non balisée parce que sensée connue de tout citoyen digne de ce nom : La Décence et la Pudeur Républicaines. Ces derniers ont su, malgré tout, à leur décharge, ayant été à la bonne école, respecter les règles républicaines, les règles protocolaires et de bienséance, qui régissent le fonctionnement des Institutions de la République, domaine très sensible surtout en matière de relations internationales. La visite de travail de son Excellence Monsieur Jacques CHAGNON, Président de l’Assemblée Nationale du QUEBEC pour la période  du 14 au 16 Décembre 2016, accompagné d’une forte délégation, notamment monsieur Sébastien Jobert, Responsable du Service de la Diplomatie et de la Coopération parlementaires, sur invitation du Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal, Son Excellence Monsieur Moustapha Niasse  était très attendue. Les deux délégations, devaient discuter des relations bilatérales qui remontent à 1962 entre les deux institutions parlementaires. Le temps fort de  cette visite aura été  sans doute la signature d’un Protocole d’Entente entre l’Assemblée Nationale du Québec et celle du Sénégal par les Présidents des deux institutions parlementaires. C’est ainsi qu’une demande de couverture médiatique avait été adressée à plusieurs organes de presse, journaux, radios, télévisions, publics

(RTS, Le journal le SOLEIL, l’APS) et privés (RDV, DTV, SUD FM, RFM et autres). La délégation d’accueil à l’aéroport dans la soirée du 14 décembre, était conduite par le Président Moustapha Niasse. Elle était composée de députés, membres du réseau parlementaire de la Francophonie, de la Secrétaire Générale de l’Assemblée. A l’arrivée des organes de presse pour la couverture  de l’arrivée de notre Hôte de marque, grande a été notre surprise de constater l’absence de l’équipe de la télévision nationale. Profondément affecté par cet acte de manquement aussi grave, nous avons interpellé la directrice de la communication de l’Assemblée, madame KOUME, connue pour son professionnalisme sur les raisons de ce disfonctionnement.

Cette dernière nous a confirmé avoir bien pris toutes les dispositions pour que la couverture puisse être faite par la RTS. Car, elle  a bien requis les services de la Rts le mercredi même, en envoyant la demande de couverture dans la boite émail de la direction, et saisi par la même occasion, d’abord à 12heures, ensuite à 17heures et à 19 heures  le responsable de la rédaction monsieur Daha Ba qui assurait l’intérim de madame  Maimouna Sourang Ndir. Il lui dit que jusqu’à présent il n’avait pas  encore reçu la validation du directeur général.  Ne désemparant pas, elle se résolut à informer le conseiller en communication du Président de l’Assemblée Nationale. Ce dernier prit contact avec le Directeur de la télévision monsieur Tidiane Barry. Depuis Touba il appela Dakar pour s’enquérir de la situation avant de nous dire que le directeur général n’avait toujours pas validé l’autorisation de couverture du dit programme.

Devant le risque de ratage, l’Assemblée ne dut son salut qu’à la réaction spontanée et hautement appréciée des autres organes privés de radio et de télévision, la RDV, la DTV, la TFM. Il serait juste de signaler que monsieur Mamadou Ibra Kane malgré ses contraintes, en bon professionnel et patriote, conscient des enjeux, dut annuler un programme payant pour lui adjoindre une équipe conduite par monsieur Hadya Talla.

Le lendemain jeudi, le dg de la Rts avait envoyé une équipe pour couvrir une partie de la rencontre de travail à l’assemblée et la communication des deux présidents. Les téléspectateurs ont tous constaté que  la diffusion n’était pas des meilleures, aussi bien au niveau du choix des éléments, que de la durée de la séquence. Dans la soirée, la directrice de la communication de l’Assemblée envoya à nouveau par courrier électronique la demande de couverture de l’acte  final de cette visite.  Le lendemain, vendredi 16, à 8heures, elle  fit parvenir le  même message écrit  au directeur général de la RTS. A onze heures trente, elle l’appela cette fois au téléphone pour le même objet. C’est finalement vers midi seulement que ce dernier se résolut à appeler la directrice pour lui opposer son refus pour les motifs suivants : «Le Pavillon Présidentiel, le Salon d’Honneur de l’Aéroport LS SENGHOR sont des espaces privés exclusivement réservés au Président de la République. Il faut obligatoirement une autorisation expresse de la Présidence pour bénéficier de la couverture d’un événement par la télé nationale.». Lorsque la directrice nous informa de la décision du directeur de la RTS, vers 21heures, votre serviteur a aussitôt appelé  d’abord l’autorité de tutelle  le Ministre de la Culture et de la Communication, et le Directeur de la Communication pour les informer des agissements du directeur de la RTS et de les mettre au-devant de leur responsabilité, avec toutes les conséquences que la décision du directeur allait créer. Très préoccupés, ils nous firent avec beaucoup de courtoisie la promesse de parler au directeur général et de revenir vers moi.

A ce jour nous n’avons reçu aucune réaction de leur part. Cette réponse pour le moins ahurissante de ce directeur, nous invite à faire quelques observations et des interrogations. D’abord, sous le magistère de l’actuel directeur de la  RTS,  les visites des Présidents d’Assemblée Nationale de pays étrangers, le Président Guillaume Soro de la Côte d’Ivoire, le Président de l’Assemblée Nationale du Bénin, le Président de l’Assemblée Nationale de la France, pour les citer au Sénégal  ont toujours  été couvertes par la Rts, de même que leurs allocutions  délivrées sur le pupitre réservé au  Président de la République au salon présidentiel. Le Président Moustapha Niasse,  au vu de son cursus étatique et politique et  son invité, son homologue, Monsieur Jacques Chagnon, Vice-Président de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, et futur Président de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie dans quelques mois, qui totalise plus de trente-cinq ans de députation méritent bien des égards. Il serait bon d’apprendre ou de rappeler  à l’auteur de ces actes inqualifiables, les relations entre le Canada et le Sénégal qi remonte à 1962, deux ans après notre indépendance. Nous ne pourrions tout exposer dans cette présente. Sinon rappeler quelques axes pour rafraîchir la mémoire du directeur de la RTS, à la lumière du Protocole d’Entente. Comme certaines réalisations importantes, notamment le CESTI qu’aucun journaliste  digne de ce nom ne devrait oublier, l’Ecole Polytechnique de Thiès qui ont été mis en place grâce à l’appui du Canada. Il en est de même des échanges commerciaux de l’ordre de 42,5 MILLIONS de dollars,  dont 8,4 MILLIONS d’importation en provenance du Sénégal, dans les secteurs miniers, de l’agriculture, du pétrole, du gaz , des questions liées au transport aérien, au fret maritime, et aux télécommunications. Et que dire du projet de délocalisation à Dakar du Programme International de Formation qui va offrir une formation de pointe aux cadres parlementaires francophones, de la santé, de l’environnement, de la sécurité, des migrations, du développement économique, des affaires culturelles et de toutes autres questions d’intérêt commun ? En 2015, 1314 étudiants sénégalais détenaient un permis valide pour étudier au Canada. Imaginons un seul instant les conséquences dramatiques crées par ce directeur inconscient si les presses privées qui n’étaient  en rien obligées, sauf par le devoir patriotique de couvrir ces instants historiques s’étaient abstenues ? Mais ces préoccupations étaient loin d’être celles de cette personne, dont l’unique fixation du moment était  d’être emballé dans le lot des colis humains devant voyager à bord de l’avion présidentiel, pour être en bonne place comme décor aux premières loges réservées aux «amis du Président». Une autre interrogation est relative au motif tendant à justifier un tel  refus, en invoquant l’autorisation du Président de la République pour couvrir un tel événement. Le maître d’œuvre  le Président Moustapha Niasse, premier allié, loyal et fidèle compagnon du Président Macky SALL dont l’unique préoccupation est de toujours honorer le peuple du Sénégal et son Président devait-il être la victime de ces actes ignobles? Ce triste personnage voudrait-il  alors créer un malaise, en titillant l’orgueil, des militants et proches du Président de l’Assemblée Nationale, pour créer une crise entre lui et le Président Macky SALL? Ce prétentieux peut-il  apprendre au Président Moustapha Niasse,  Directeur National de la Communication dès son plus jeune âge, tour à tour, Directeur de cabinet de l’ancien et Premier Président du Sénégal  L. S. Senghor, plusieurs fois Ministre des Affaires Etrangères et Premier Ministre les usages et règles protocolaires en matière diplomatique ? Quel toupet ! Quel culot ! 

 Qu’ il nous montre le texte qui consacre cette disposition, qi n’existe que dans sa perfide imagination. Si c’était le bon sens aurait il commandé à ce qu’il l’applique d’ une aussi mécanique manière comme un robot ?Dans tous les cas, c’est le Président de la République, Macky SALL lui-même qui est interpellé au premier chef par l’opinion devant un tel ignoble acte commis sur la personne de son ami et frère, son premier allié dès la création de notre Parti en janvier 2009, chef de parti, et membre de sa coalition, et le pays ami le Canada. Dès lors la Présidence doit sans tarder édifier les sénégalais et apporter un cinglant démenti à ces ragots à la fois mensongers et diffamants, que ce sinistre personnage veut lui faire porter en invoquant «son autorisation préalable requise» pour couvrir cet événement et de prendre les mesures qu’il lui plaira. Nous, députés de l’Assemblée  Nationale, en ce qui nous concerne, apprécierons ce cas inédit d’offenses, de désacralisation de notre Institution parlementaire  pour apporter la réponse appropriée à la tutelle de la RTS, le Ministre  de la Culture et de la Communication, qui nous doit bien des explications. L’un comme dans l’autre, le directeur général de la RTS, dans  ses actes quotidiens remet toujours sur la table la sempiternelle question de la décence républicaine dans le fonctionnement de l’Etat à travers ses démembrements : sociétés nationales, agences qui poursuivent une mission de service public. Est-il vraiment  nécessaire de rappeler au Président de la République  que le critère de choix des hommes, des femmes, au nom de la compétence, de l’intégrité devant les diriger  aura été sans nul doute le poison mortel des précédents régimes ? La Radiotélévision du Sénégal (RTS), service public de l’Etat, ne saurait déroger à ses règles, encore moins les occulter au nom du droit, de l’équité, et de la décence républicaine, mais surtout la préservation des liens séculaires qui lient le Sénégal à d’autres pays amis, comme le Canada. Au nom de quoi,  le directeur de la RTS, structure transformée malheureusement en «Radio Moquette» qui tire essentiellement ses ressources de l’Etat, dont des deniers des contribuables sénégalais que nous députés votons, peut-il se  permettre de s’arroger des pouvoirs, des prérogatives qui violent les règles élémentaires de fonctionnement du service public ? Est-ce le prix à payer pour son reniement en monnaie de singe, pour frais d’affranchissement, pardon de transhumance, après avoir été un servile et inconditionnel homme à tout faire de la Génération du Concret, dont il fut la tête de liste dans sa localité, lors des élections locales de 2009  ?

Aujourd’hui, il est quand même malheureux de constater, de voir sous le régime du Président Macky SALL des gens de la trempe de ce directeur général  piétiner allègrement et en toute impunité comme il le proclame partout les valeurs cardinales de notre société. Lui comme d’autres constituent des antis modèles pour notre fragile jeunesse, en usant du larbinisme, du mensonge, de la trahison, et de la lâcheté comme un moyen pour avoir des strapontins, des prébendes. Car rien ne devait  justifier que cette personne et d’autres dans la même situation, de par leur profil intellectuel, académique, leur moralité, leur vécu historique, politique puissent  être un jour des chefs de service encore moins des directeurs, conseillers, ministres conseillers. S’il avait tant soit peu de pudeur en lieu et place de l’arrogance, l’effronterie sans limite qu’on lui reconnaîtet qui n’épargnent personne, ses collaborateurs, les autorités publiques, politiques, religieuses et coutumières, il aurait gardé un profil bas et fait preuve au contraire d’humilité. Car, ils sont nombreux, ceux qui auraient bien pu occuper ce poste de DG qui le dépasse, les Abou Abel Thiam, Thierno BirahimFall, Ibrahima Ndoye, le jeune Bara Ndiaye et tant d’autres, très compétents, dont l’engagement, le courage, le sacrifice, la loyauté  n’ont jamais fait défaut au Parti et au Président pendant que Monsieur jouait au garçon de course dans le camp adverse. Hélas, il est triste de constater que ce sont d’autres, grands absents des tranchées, dans les années de braise qui se prévalent aujourd’hui du titre «d’amis du Président», adeptes des intrigues et congrégations oisives qui sont très souvent au premier rang. 

Pour ce genre de personnes, qui sont plus à plaindre qu’à mépriser, et qui sont pourtant de bonne famille, ce n’est ni une question de naissance, d’éducation encore moins de destin. C’est  une question de choix. Pour autant, les honnêtes sénégalais  qui ont su préserver leur dignité sont bien  en droit de se poser cette lancinante question : Où est ce que ces funestes personnes puisent leur force, après une sale journée,  bien remplie en bassesse et en mal, pour se regarder le matin devant le miroir, le soir croiser le regard du voisin, de leurs enfants et de leurs épouses, s’acquitter de leurs devoirs d’époux dans l’intimité de leurs foyers ? Un  philosophe allemand, Paul Henri  Dietrich d’Holbach vers 1750 avait publié un essai sur «  L’Art de ramper à l’usage des courtisans ». Nous voudrions bien vous  en livrer quelques extraits : «  L’homme de Cour est sans contredit la production la plus  curieuse que montre l’espèce humaine. C’est un animal amphibie dans lequel tous les contrastes se trouvent communément appelés…….. En échange des avantages, faveurs que le Seigneur leur offre, les courtisans payent    en complaisance, assiduités, en flatteries, en bassesse. Et le talent de troquer contre des grâces ces importantes marchandises est celui sans doute qui est le plus utile à la Cour…. Quelque  force d’esprit qu’on ait, quel qu’en cuirassée que soit la conscience par l’habitude de mépriser la vertu et de fouler aux  pieds la probité, les hommes ordinaires ont toujours infiniment de peine à étouffer dans leur cœur le cri  de la raison. Il n’y a guère que le courtisan qui parvienne à réduire cette voix importune au silence ; lui seul est capable d’un aussi noble effort……. Si nous examinons les choses sous ce point de vue, nous verrons que dans tous les arts, le plus difficile est l’art de ramper. Cet art sublime est peut-être la plus merveilleuse conquête de l’esprit humain. La nature a mis dans le cœur de tous les hommes un amour propre, un orgueil, une fierté qui sont, de toutes les dispositions, les plus pénibles à vaincre. L’âme se révolte contre  tout ce qui tend à la déprimer ; elle réagit avec vigueur toutes les fois qu’on la blesse dans cet endroit sensible : et si de bonne heure on ne contracte l’habitude de combattre, de comprimer, d’écraser ce puissant ressort, il devient impossible de le maîtriser. C’est à quoi le courtisan  s’exerce dans l’enfance. C’est par ces efforts héroïques, ces combats, ces victoires qu’un habile courtisan se distingue et parvient à ce point d’insensibilité qui le mène au crédit, aux honneurs, à ces grandeurs qui font l’objet de l’envie de ses pareils et celui de l’admiration publique…. Les serpents et les reptiles parviennent au haut des montagnes et des rochers, tandis que le cheval le plus  fougueux ne peut jamais s’y guinder…….. »

Au vu de ce qui précède, le ci nommé directeur général de notre Radio Télévision du Sénégal RTS, membre émérite  de la  meute, composant la vénerie de la «Cour» non pas pour la chasse à courre, mais celle des honnêtes et compétents citoyens, a t-il  fait aujourd’hui moins ou pire que ses compères courtisans d’il y’a trois siècles ?

 

Maître Djibril WAR

wardjibril@yahoo.fr 

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