RD Congo: 14 personnes tuées et près de 150 maisons brûlées dans le Nord-Kivu

 

 

L’armée ainsi que des responsables locaux ont indiqué lundi que quatorze personnes avaient été tuées la veille, et près de 150 maisons incendiées dans le Nord-Kivu, zone en proie à des troubles à caractère communautaire dans l'est de la RDC.

 

Cette série d’attaques a eu lieu quelques heures seulement après le départ du président Joseph Kabila qui séjournait depuis le 3 août dans la région. « Dans la nuit, nous avons enregistré de [nombreuses] attaques contre la population civile et contre des positions des forces gouvernementales », a déclaré à l’AFP le capitaine Guillaume Ndjike, un porte-parole de l’armée dans la province du Nord-Kivu.

L’officier a annoncé que l’armée avait perdu un élément et qu’un civil avait été tué à Kahunga, tandis qu’à Kashalira, quatre autres avaient été tués. Il évoque également environ 150 maisons incendiées lors de ces attaques.

De plus, « un jeune Hutu a été tué par balle par des Maï-Maï à Buleusa », d’après Roger Bihango, délégué du gouverneur du Nord-Kivu dans cette cité.

Le nombre de victimes à Kibirizi revu à la hausse

Ces informations viennent ainsi s’ajouter au bilan donné quelques heures auparavant par le gouverneur du Nord-Kivu dans la localité de Kibirizi, qui faisait état de sept civils tués et de 65 maisons incendiées dans le chef-lieu de la province, à 85 km au nord-ouest de Goma.

Le capitaine Ndjike a quant à lui indiqué que toutes les attaques étaient perpétrées soit par armes à feu, soit à la machette.

Des violences attribuées aux FDLR, sous fond de rivalités inter-ethniques

Les responsables locaux attribuent ces attaques aux Maï-Maï, milices locales d’autodéfense, souvent constituées selon des critères ethniques, et aux rebelles rwandais des Forces démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR), ces derniers étant très actifs dans le sud de la province du Nord-Kivu.

Créés par des Hutus rwandais réfugiés dans l’est de la RDC après le génocide au Rwanda en 1994, les FDLR n’ont pas mené d’action militaire d’envergure au Rwanda depuis 2001 et sont régulièrement accusés de commettre des crimes contre les civils dans les zones qu’ils contrôlent.

Parmi les personnes tuées, on retrouve des Nande et des Hutus. Depuis le début de l’année, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans cette zone lors d’affrontements opposant ce deux ethnies. Les derniers affrontements de ce genre remontent au 19 juillet et avaient causé la mort de dix personnes.

Les Nandes accusent les Hutus congolais d’être les complices des FDLR pour les chasser de leur territoire. Les Hutus congolais, qui ne nient pas être à la recherche de nouvelles terres agricoles, accusent les Nandes de violer leur droit constitutionnel à s’installer où ils le veulent.

jeuneafrique.com

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