Station d’Arafat, Mina, Mousdalifa, Jamra: Les pèlerins mis en garde contre des pratiques d’associationnisme

 

Après le tawaf al-qudum et Safa-Marwa (le parcours), que chaque délégation effectue, suivant son calendrier depuis le premier jour du mois lunaire (zhul hijja), tous les pèlerins présents en terre saoudienne pour les besoins du Hajj 2016 convergent obligatoirement vers Mina depuis hier, nuit, où ils passent cette journée de samedi. C’est le 8e jour de zhul-hijja, correspondant au début du pèlerinage pour tous qui sera ponctué par la station d’Arafat demain: «al hajjou Arafat». En prélude à cette étape, le Président de Maréga Voyages a mis en garde contre des pratiques d’associationnisme (le fait de donner, intentionnellement ou non, un quelconque associé à Allah (SWT) ) courantes chez des Sénégalais et susceptibles d’annuler tous les actes du pèlerin. En effet, certains pèlerins se livreraient à des pratiques qui relèvent du paganisme en prélevant le sable d’Araf et une partie des intestins de chameaux (pour accroître rapidement son troupeau) pour des raisons mystiques et, d’autres, des morceaux de pagne blanc «pour avoir un enfant ou un mari ».

Les pèlerins qui ont effectué le déplacement pour le Hajj 2016 ont prié leur dernier vendredi hier, à La Mecque avant d’effectuer le reste des rituels du pèlerinage qui commence ce jour, 8 zhul hijja 1437 (10 septembre 2016) avec l’étape de Mina. La veille, la délégation de Maréga Voyages pour le pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, a tenu sa réunion de préparation de ces dernières étapes du pèlerinage. Histoire de partager les dispositions pratiques pour la station d’Arafat, prévue dimanche et les autres étapes de Mina, Mousdalifa et Jamra. C’est ainsi que dans la nuit d’hier, vendredi à aujourd’hui samedi, tous les pèlerins ont été convoyés à Mina par rotations de bus.

Auparavant, lors de la rencontre, Abdoulaye Maréga, le Président de Maréga Voyages a mis en garde contre des tentatives et actes d’associationnisme (le fait de donner, intentionnellement ou non, un quelconque associé à Allah (SWT) ). 

Actes d’associationnisme : Sable, morceau de pagne et intestins de chameau
En effet, a-t-il dénoncé, le jour  d’Arafat, il est très facile de tomber dans le piège de l’associationnisme à travers certaines pratiques, notamment, ramasser le sable d’Arafat pour des raisons mystiques ; amener avec soi un morceau de pagne blanc pour en faire des nœuds, sous prétexte que cela permet à des femmes, qui ne peuvent pas avoir d’enfant ou de mari d’en avoir ; prélever une partie de l’intestin de chameau pour accroître rapidement son troupeau, etc.  Alors que ce jour, les portes du paradis sont grandement ouvertes pour accueillir tous les pèlerins présents à ce mont, le 9e jour de zhul hijja. «Par ces pratiques occultes, on dit inconsciemment: «Mon Dieu, vous avez ouvert les portes du paradis, mais moi je ne suis pas encore prêt à y entrer». Il faut prier pour le Sénégal après avoir exposé ses besoins et problèmes à Dieu pour leur résolution. Qu’il exhausse toutes les prières qui seront formulées à Arafat», a-t-il prié.  

L’autre point de son intervention est axé sur les dispositions prises pour l’étape de la lapidation de Satan (le maudit) ou Jamra, pour éviter l’accident de l’année dernière qui a coûté la vie à des milliers de pèlerins de presque toutes les nationalités. C’est ainsi qu’à partir de 00h et ce jusqu’à 6h, on peut faire son Jamra en toute sécurité en ce qui concerne les délégations de l’Afrique non arabe, notamment les Sénégalais. «Mais, à partir de 6h et ce jusqu’à 10h, il ne vous est pas permis d’y aller. Et, celui qui s’entête à vouloir accomplir ce rituel durant cette tranche horaire, c’est à ses risques et périls» car elle est réservée à d’autres délégations.

PAS DE NOURRITURE ETRANGERE ET DES BADGES POUR ACCEDER A MINA

A ce stade du pèlerinage, la consigne est claire: «surtout pas de bagages, on en n’a pas besoins pour les étapes restantes du pèlerinage. Cela ne fera que vous encombrer, surtout quand il faut aller à Jamra et qu’on se retrouve à porter un sac lourd. D’ailleurs, les policiers ne vous laisseront jamais passer avec un tel bagage et vous n’aurez nulle part où les mettre dans les tentes. Et, au moment du retour, le 10e jour, vous serez obligés de le porter et de marcher des kilomètres, car il n’y aura plus de véhicule, pour revenir à La Mecque faire votre tawaf al-ifada et retourner à Mouna. Donc, cela demande de la préparation et une organisation», a prévenu Abdou Khadre Diop, Directeur de Maréga Voyages.

Aussi pour ce qui est du volet alimentaire, il a insisté sur le fait que «c’est l’Etat saoudien qui se charge de l’alimentation. C’est valable pour toutes les délégations, c’est une consigne reçue. Donc, il n’est pas permis d’amener des repas là-bas». Toutefois, «l’on peut se prémunir de croquettes, biscuits, etc. qu’on peut consommer quand on sent un creux dans le ventre en attendant que les repas ne soient servis». Pour cela, «il faut de la patience une fois sur place et ne pas rouspéter, car ce sont des dispositions valables pour toutes les délégations, tous les pèlerins du monde sont soumis aux mêmes règles là-bas, c’est une question de sécurité», a souligné Abdou Khadre Diop.

Concernant les rotations de bus pour convoiement des oujaj, il n’a pas manqué de prévenir ces derniers par rapport à ce qu’il appelle «le phénomène de La Mecque» c’est-à-dire les embouteillages et l’absence de cars durant cette période. Non sans rassurer qu’avant l’aube, tout le monde sera à Mina comme prévu.

S’agissant des aspects sécuritaires, en plus du dispositif des forces de défense et de sécurité, les insignes et autres symboles d’identification électronique conçus par des délégations, cette année, Abdou Khadre Diop a révélé que l’Etat saoudien a prévu des badges et bracelets d’identification pour tous les pèlerins pour accéder aux tentes, histoire d’éviter des infiltrations. Ces insignes sont conçus suivant les régions ou zones de provenance des pèlerins. Par exemple, ceux originaires de l’Afrique non arabe ont droit à des badges jaunes.

LES PELERINS A 100%  DANS LE HAJJ

Pour sa part, imam Ahmed Diop a expliqué aux pèlerins qu’à l’exception du tawaf al-qudum et de Safa-Marwa, le Hajj 100% commence à partir du 8e jour, ce samedi. Et, «plus on avance dans le Hajj, plus on se débarrasse et s’éloigne des choses de la vie mondaine. C’est dans ce sens qu’il vous est demandé de ne pas vous encombrer de bagages car les policiers n’acceptent qu’aucun bagage accède à Jamra». Imam Diop est également revenu sur des manquements dans le Hajj qui nécessitent réparation. A ce niveau, il relevé aux oujaj de la délégation qui ont opté pour le Tamattu’u que celui d’entre eux qui s’est déshabillé savamment, après le tawaf al-qudum et Safa-Marwa de mercredi dernier, sans se couper les cheveux doit réparer: «il s’agit de jeûner 3 jours ou nourrir 6 pauvres ou faire un sacrifice ici à La Mecque». Aussi, les a-t-il rassuré quant à la suite des étapes, tout en rappelant que des quatre obligations du 10e jour, celui qui en accomplit deux, peut se déshabiller et que la délégation fera en tout trois jours à Mina.

LES ETAPES FATIDIQUES

Le Hajj c’est un ensemble d’obligations dont le manquement à certaines, annule tout. C’est le cas de la station au mont Arafat le 9e jour du mois. Alors que le Coran ne livre que peu d'indications rituelles de ce cinquième pilier de l’Islam, beaucoup de gestes du pèlerinage trouvent leurs origines dans la tradition d’Ibrahim. Ces rites et étapes sont légèrement différents selon qu'on habite la région de La Mecque ou non, particulièrement les étapes de la sacralisation (ihram) qui sont faits à des frontières (Miqa) prédéfinies avant d’entrer dans le territoire sacré pour les gens de l'extérieur. Ils varient aussi légèrement selon les écoles juridiques de l'Islam.

PREMIER JOUR: SAMEDI 8 ZHUL-HIJJA

Il s’agit de déclarer son intention de faire le pèlerinage par une formule rituelle répétée par trois fois. Toutefois, ce rituel est souvent fait des jours avant parfois. C’est se mettre en état de sacralisation (ihram), faire les sept fois le tour de la Kaaba (tawaf : circumambulation), faire sept fois la marche (420 m dans un long couloir attenant à la mosquée) entre Safa et Marwa en souvenir du parcours de Hajara à la recherche d'eau pour Ismaël, puis boire à la source de Zamzam. Tout cela étant déjà fait, les pèlerins se rendre à Mina, situé à 4 km de La Mecque où ils feront les prières de l'après-midi (asr), du coucher du soleil (maghreb), du soir (icha) et du matin (fajr).

DEUXIEME JOUR: DIMANCHE 9 ZHUL-HIJJA

C’est la station au mont Arafat, donc le pèlerinage («Al hajjou Arafat»). Pour cela, dès le lever du soleil tous les fidèles qui ont effectué le déplacement pour le Hajj convergent vers la montagne  d’Arafat (20 km) y passent la journée et y font la prière de midi (dhur) et de l'après-midi (asr) en s'assurant qu’on est bien dans les frontières d’Arafat. Il faut rester dans ce territoire jusqu'au coucher du soleil. C'est ici que le Prophète Mouhammad (PSL) fit son discours d'adieu. Après le coucher du soleil, le pèlerin se rend Mousdalifa où il accomplit les deux dernières prières du soir. C’est ici qu’il va ramasser les pierres pour la lapidation de Satan (le maudit), l’étape suivante (49 cailloux: 7+21+21).

TROISIEME JOUR: LUNDI 10 ZHUL-HIJJA

Après la prière du matin, le pèlerin revient vers Mina.  C’est le premier jour de la fête du sacrifice (Tabaski ou Aïd al-Adha), il parcourt les 300 m qui le séparent du lieu où Ibrahim emmena son fils Ismaël pour le sacrifier. Sur le parcours, il rencontre trois piliers qui symbolisent les trois points (les trois Jamra) où Iblis (le maudit) tenta de le détourner cet acte. Il lapide Satan (le maudit) avec  les cailloux ramassés la veille à Mousdalifa.

Dans l'intervalle, il fait son sacrifice, offrande qui symbolise le bélier qu'Ibrahim a sacrifié à la place de son fils. Ici, les pèlerins payent leur bélier en versant le montant (de l'offrande) à une structure, généralement une banque gérée par les autorités locales. Il s’en suit le tawaf al-ifada. Toutefois, pour cette journée, l’ordre n’est pas obligatoire et chaque pèlerin qui accomplit deux de ces quatre obligations précitées peut se départir de son ihram et reprendre ses habits traditionnels. 

QUATRIEME ET CINQUIEME JOURS: MARDI 11 ET MERCREDI 12 ZHUL-HIJJA

Le pèlerin durant chaque jour de Tachriq, lapide les trois stèles (Jamra) de Mina, d'abord la plus petite, puis la médiane et enfin la plus grande, celle de Aqaba. Sur chacune, il jette 7 cailloux en prononçant le takbir: «Allahou Akbar (Allah est le plus Grand)»… entre deux stèles et il fait face à la Qibla et récite quelques invocations. Durant cette période, il a la possibilité d’effectuer une dernière circumambulation: celle d'adieu et sortir de l'état de sacralisation, surtout pour les personnes âgée ou invalides déjà aménagées pour le premier jour de Tabaski. Pour les hommes, il faut se couper les cheveux ou se raser le crâne alors que les femmes coupent un peu de leurs cheveux.

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