Gamou 2017: Le khalife général de Thiénaba Cheikh Ahmed Tidiane Seck prône l'unité des tous les musulmans 

 

Le Khalife général de Thiénaba, Cheikh Ahmed Tidiane Seck, a appelé vendredi 01 décembre 2017 tous les musulmans à l’unité. Selon la déclaration lue  le porte parole du chef religieux Ndiogou Mbengue, nous sommes tous parents et que c'est dans l'unité que tout se fera. Il invite les sénégalais à un retour vers Allah, et à observer les préceptes du Coran et les recommandations du Prophète Mohamed (PSL) comme nous l'a recommandé le fondateur de Thiénaba Seck El hadj Amary Ndack Seck. Il n'a pas aussi manqué d’évoquer la situation du monde actuel et exhorte les fidèles à cultiver l'amour de la paix entre tous les être humains. A la fin de la cérémonie, le Khalife de Thiénaba Seck a formulé des prières pour un Sénégal prospère et clôturer la fin de cette édition 2017, 138eme du genre. 

Auparavant le ministre Oumar Gueye représentant le chef de l'état a exprimé sa joie et son bonheur de se retrouver sur cette terre d'islam Thienaba Seck et solliciter des prières pour l'avenir du Sénégal. 

Durant les deux jours de Gamou, l'histoire de cette famille religieuse a été revisitée avec un panel de conférenciers composé de Souleymane Dia, le coordonnateur du dahira sope Amary Ndack Seck, Mar Diop entre autres. Ndiougou Mbengue dans son speech a rappelé les débuts du guide religieux de Thiénaba Kadior, en passant par les deux Foutas (djallon et Toro) jusqu'a son installation dans la région de Thiès. Selon  le professeur, le grand tournant dans  la vie d’Ahmadou Ndack Seck, est sans doute la lettre d’invitation à défendre la cause de l’Islam reçue, en 1871, du marabout Cheikhou Ahmadou Ba. Ensemble ils menèrent de durs combats à la fois contre les la colonisation et contre les princes noirs.

En effet du 28 juin 1869, jour où le village natal de Cheikhou Ahmadou  a été saccagé et incendié par le capitaine de frégate Vallon, du 11 février 1875 à Samba Sadio, Cheikhou Ahmadou a livré plus de 19 combats parmi lesquels 7 contre l’occupant français. Ahmadou Ndack a été de tous les combats entre 1871 et 1875.

 Njakiiw, 1871 Agnam, 14 août 1871 Pete, novembre 1873, Belel, juillet 1874 Kokki, juillet 1874, Saqq, juillet 1874, Coowaan, septembre 1874, Samba Saajo, février 1875.

A ce propos, on peut s’interroger sur le silence de l’histoire officielle sur la résistance de Cheikhou Ahmadou et d’Ahmadou Ndack. Pourtant aucun résistant n’a autant ébranlé la colonie. Ils ont battu les français à Risso, près de Mékhé le 8 juillet 1869, puis à Pétogne le 30 septembre 1869, à Diaké le 9 février 1870.

Mais le meilleur argument c’est peut être la bataille de Samba Sadio, le 11 février 1875. Ce fut une bataille décisive pour la colonie car à la fin de l’année 1874, Cheikhou avait réussi à fédérer, sous la bannière de l’islam, le Djolof, le Kadior et une partie du Toro. Les rois déchus réfugiés à Leybar dans la banlieue de Saint-Louis, attirent l’attention de leurs alliés français sur le danger qui guette désormais la colonie. Le gouverneur Valière a alors demandé l'envoi d'un contingent et de nouvelles armes, persuadé que la prochaine étape des Mahdiyankobé sera Saint-louis.

Dans son rapport au gouverneur Valière au lendemain de la bataille, le lieutenant colonel Beguin écrit: «la première phase de la bataille fut bien madiyankobé. Les colons y frôlèrent un désastre».Dugay Clédor, ex-spahis, présent à Samba Sadio, de renchérir dans un discours prononcé le 26 décembre 1927 à l’occasion de la dissolution du corps  des spahis : «nous rendons ici un hommage vibrant à l'escadron des spahis dont les charges foudroyantes évitèrent un désastre à nos troupes et sauvèrent la colonie du plus grand danger qu'elle ait connu». A notre connaissance, aucun résistant, prince ou chef religieux n'a été aussi loin dans la résistance: être sur le point d'expulser la France du Sénégal. C'est avant de disparaître dans cette bataille historique que Cheikhou Ahmadou a transmis à Ahmadou Ndack, l'imam du jihad, les secrets de la Tidianya.

Il fit un long périple à la recherche d'un endroit où il avait reçu mission de s'installer. Ainsi séjourna t-il à "Tag Wery New" dans le Saloum, puis  à Pire dans le Baol, et à Diayane. Il fonda Thiénaba en 1882.

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